Le plan de trésorerie est la prévision, semaine par semaine ou mois par mois, des encaissements et des décaissements de l’entreprise, à la date où ils toucheront réellement la banque.
Deux horizons se complètent : une prévision à 13 semaines pour piloter la paie, les fournisseurs, la TVA et les clients, et un plan à 12 mois pour dimensionner les financements et anticiper la saisonnalité.
Sa valeur tient moins au modèle qu’à trois disciplines : partir d’un solde bancaire rapproché, projeter les encaissements au rythme réel des clients, comparer chaque semaine le prévu au réalisé.
Un seuil d’alerte écrit et des scénarios bas transforment la prévision en outil de décision, relié au tableau de bord.
Chez Extech Finance, la mise en place est facturée 900 € HT par jour avec un forfait ferme après cadrage, et le suivi hebdomadaire peut être assuré par un DAF à temps partagé dès 1 700 € HT par mois.
Pour qui
Dirigeants de PME et d’ETI de 2 à 100 M€ de chiffre d’affaires, fondateurs de start-up, DAF qui veulent une prévision fiable sans y passer leurs semaines.
Quand
Croissance rapide, saisonnalité forte, clients qui paient en retard, investissement à financer, rendez-vous bancaire, levée de fonds, premières tensions sur la paie ou la TVA.
Ce que vous obtenez
Une prévision à 13 semaines et un plan à 12 mois construits sur vos données, des scénarios, un seuil d’alerte, un tableau de bord de trésorerie et un rituel hebdomadaire qui vous restent.
Qu’est-ce qu’un plan de trésorerie ?
Un plan de trésorerie est un tableau qui recense, période par période, les encaissements et les décaissements prévus d’une entreprise et calcule le solde bancaire attendu à la fin de chaque période. Il raisonne en dates de paiement, pas en dates de facture : un achat de janvier payé en mars apparaît en mars, comme le rappelle Bpifrance Création.
Le plan de trésorerie répond à une seule question, mais elle est vitale : aurons-nous assez d’argent sur le compte, à chaque date, pour payer ce que nous devons ? Il est l’un des quatre tableaux du prévisionnel financier, avec le compte de résultat prévisionnel, le plan de financement et le BFR (besoin en fonds de roulement).
Plan de trésorerie, budget et compte de résultat
Le budget et le compte de résultat raisonnent en produits et en charges, selon les règles du plan comptable général publié par l’Autorité des normes comptables. La trésorerie raisonne en flux de caisse. Entre les deux s’intercalent les délais clients et fournisseurs, les stocks, les investissements, les remboursements d’emprunt et le calendrier fiscal et social.
C’est pourquoi une entreprise rentable peut manquer de trésorerie. Une croissance rapide, financée par des clients qui paient à 60 jours et des salaires versés chaque mois, consomme de la trésorerie avant d’en produire. Le plan de trésorerie rend ce décalage visible avant qu’il ne devienne un incident.
Prévisionnel de trésorerie et suivi du réalisé
Un prévisionnel de trésorerie qui n’est jamais comparé au réalisé reste un exercice de style. La force du dispositif vient de la boucle : chaque semaine, on constate les flux réels, on explique les écarts, on corrige les hypothèses. Au bout de quelques cycles, la prévision devient fiable, et le dirigeant peut s’y appuyer.
Un bon plan de trésorerie dit trois choses : quel sera le point bas de la trésorerie dans les prochaines semaines, à quelle date, et quelles actions permettraient de le relever. S’il ne répond pas à ces trois questions, il faut le simplifier.
À quoi sert un plan de trésorerie
La prévision de trésorerie n’est pas un document pour la banque. Elle sert d’abord le dirigeant, qui doit savoir s’il peut recruter, investir, accepter une grosse commande payée à 60 jours ou verser un dividende. Elle sert ensuite les partenaires financiers, qui jugent la qualité de la gestion à la qualité des prévisions.
Anticiper les tensions et arbitrer les décisions
Une tension de trésorerie détectée huit semaines à l’avance laisse le temps de relancer des clients, de négocier une ligne de crédit, de décaler un investissement ou de demander des acomptes. Détectée la veille d’une paie, elle ne laisse que des solutions coûteuses. Le plan transforme une urgence en décision.
Il permet aussi d’arbitrer : financer un équipement sur fonds propres ou en crédit-bail, accepter un client qui paie tard, constituer un stock avant la haute saison. Chaque décision se teste en modifiant une hypothèse et en regardant l’effet sur le point bas.
Parler aux banques et aux investisseurs
Un banquier qui reçoit une prévision crédible, mise à jour et commentée, accorde plus facilement une ligne de court terme.
La médiation du crédit de la Banque de France demande elle-même une prévision de trésorerie sur six mois dans son dossier de saisine.
Pour un fonds d’investissement, la prévision de trésorerie est la base du calcul de la piste de financement, c’est-à-dire le nombre de mois avant la prochaine levée.
Plan de trésorerie à 13 semaines ou à 12 mois
Le choix de l’horizon conditionne la granularité, la fréquence de mise à jour et les données à mobiliser. Les deux horizons ne s’opposent pas : la prévision à 13 semaines alimente les trois premiers mois du plan annuel.
| Critère | Prévision à 13 semaines | Plan de trésorerie à 12 mois |
|---|---|---|
| Question principale | Pouvons-nous payer chaque échéance ? | De quels financements aurons-nous besoin ? |
| Granularité | Semaine, parfois jour | Mois |
| Mise à jour | Chaque semaine | Chaque mois, après la clôture |
| Données | Banque, balance âgée, factures à payer, paie | Budget, carnet de commandes, plan d’investissement |
| Utilisateurs | Dirigeant, DAF, comptable | Dirigeant, banque, investisseurs, conseil |
| Décisions | Relances, ordre des paiements, tirage de lignes | Emprunt, levée, investissement, recrutements |
La prévision à 13 semaines
Treize semaines couvrent un trimestre, soit trois paies, trois échéances de TVA et trois échéances de charges sociales. C’est l’horizon sur lequel la plupart des flux sont déjà connus ou facturés, ce qui permet une précision élevée. C’est aussi l’horizon que privilégient les praticiens du redressement, car il laisse le temps d’agir.
Le plan de trésorerie à 12 mois
Le plan annuel découle du budget. Il capte la saisonnalité, les investissements, les remboursements d’emprunt, les acomptes d’impôt et les grandes échéances. Il est moins précis ligne à ligne, mais il dit dès janvier si l’entreprise aura besoin d’une ligne de crédit en septembre, ce qui laisse le temps de la négocier.
La structure d’un plan de trésorerie
Un plan lisible tient sur un écran : un solde d’ouverture, des encaissements regroupés en quelques rubriques, des décaissements regroupés de même, un solde de clôture et une ligne de seuil d’alerte. Le détail vit dans des onglets d’hypothèses, pas dans le tableau principal.
Les encaissements
Encaissements d’exploitation
Règlements clients, TTC, à la date probable de paiement. On distingue utilement les créances déjà facturées, projetées à partir de la balance âgée, et le chiffre d’affaires futur, projeté à partir du carnet de commandes et du budget. Les acomptes reçus et les subventions d’exploitation s’ajoutent sur des lignes séparées.
Encaissements hors exploitation
Déblocages d’emprunt, apports en capital, cessions d’actifs, remboursements de crédit de TVA ou de crédit d’impôt. Ces flux sont souvent ponctuels et importants : ils doivent être datés avec prudence, car un retard de quelques semaines peut créer un point bas imprévu.
Les décaissements
Décaissements d’exploitation
Fournisseurs et sous-traitants, TTC, au rythme réel de paiement ; salaires nets ; loyers ; frais généraux récurrents ; frais bancaires. Les abonnements et prélèvements automatiques méritent une revue, car ils se cachent souvent dans le relevé bancaire sans être dans le budget.
Décaissements fiscaux et sociaux
Charges sociales, TVA nette, acomptes d’impôt sur les sociétés, cotisation foncière des entreprises, taxes diverses. Leur calendrier est connu à l’avance, ce qui en fait les lignes les plus faciles à prévoir et les plus graves à oublier.
Investissements et financement
Acquisitions d’immobilisations, échéances d’emprunt et de crédit-bail, dividendes, remboursements de comptes courants d’associés. Les séparer de l’exploitation permet de lire immédiatement si l’activité courante génère ou consomme de la trésorerie.
Le solde et la trésorerie disponible
Le solde de clôture d’une période devient le solde d’ouverture de la suivante. Il est utile de présenter deux lignes : la trésorerie nette, et la trésorerie disponible, qui ajoute les lignes de crédit non tirées. Le seuil d’alerte se compare à la première, pas à la seconde.
| Rubrique | Source de la donnée | Base | Rythme de mise à jour |
|---|---|---|---|
| Solde d’ouverture | Relevés bancaires rapprochés | Réel | Hebdomadaire |
| Encaissements clients facturés | Balance âgée clients | TTC, délai constaté | Hebdomadaire |
| Encaissements futurs | Carnet de commandes, budget | TTC | Mensuel |
| Fournisseurs | Factures à payer, commandes engagées | TTC, délai pratiqué | Hebdomadaire |
| Paie et charges sociales | Journal de paie, DSN | Net, puis charges | Mensuel |
| TVA, impôts, taxes | Déclarations, avis, échéancier | Montant dû | Mensuel |
| Emprunts et crédit-bail | Tableaux d’amortissement | Échéance | À chaque nouveau contrat |
D’où viennent les données de la prévision de trésorerie
La qualité d’une prévision de trésorerie se joue avant le modèle, dans la qualité des données. C’est là que l’expérience de l’audit fait la différence : un solde bancaire non rapproché, une balance âgée qui contient des avoirs non lettrés ou des fournisseurs non saisis faussent la prévision dès la première semaine.
Balance âgée clients et carnet de commandes
La balance âgée donne les créances par échéance. Elle doit être lettrée, purgée des avoirs et des litiges, et lue client par client pour les plus gros encours. Selon la Banque de France, le délai moyen de paiement des clients reste d’environ 42 jours de chiffre d’affaires en 2025 : c’est le délai réel, pas l’échéance contractuelle, qu’il faut utiliser.
Fournisseurs, paie et échéanciers
Les factures fournisseurs à payer, les commandes engagées, le journal de paie et les tableaux d’amortissement d’emprunt complètent la vision. Pour que ces données arrivent à temps, il faut une organisation : réception centralisée des factures, saisie rapide, validation des bons à payer. C’est un sujet de processus autant que de finance.
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques ; les PME devront les émettre au plus tard le 1er septembre 2027, selon la fiche de la DGFiP. Les flux de factures plus rapides et structurés sont une occasion d’automatiser l’alimentation du plan de trésorerie.
Le calendrier fiscal et social de la trésorerie
Les échéances fiscales et sociales sont connues des mois à l’avance. Les intégrer dès la construction du plan évite les mauvaises surprises les plus fréquentes : un acompte d’impôt oublié en décembre, une régularisation de TVA, une échéance de charges sociales qui tombe la même semaine que la paie.
TVA
Au régime réel normal, la TVA se déclare en principe chaque mois sur le formulaire 3310-CA3. La TVA collectée moins la TVA déductible donne le montant à reverser. Une entreprise qui encaisse TTC et reverse le mois suivant dispose d’un décalage favorable, qui disparaît brutalement si l’activité recule.
Impôt sur les sociétés
Pour un exercice clos le 31 décembre, l’impôt sur les sociétés se paie par quatre acomptes de 25 %, les 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, puis un solde, selon le BOFiP. Les acomptes reposent sur le résultat des exercices précédents : une année difficile après une bonne année crée un décalage à anticiper. Bpifrance Création rappelle chaque échéance.
Cotisations sociales
Les cotisations sociales sont exigibles chaque mois, à une date qui dépend de l’effectif et de la date de versement des salaires. Elles représentent souvent la deuxième ligne de décaissements après les salaires nets. Le plan doit les placer à leur date réelle, communiquée par votre service paie ou votre expert-comptable.
Retarder le paiement de la TVA ou des cotisations sociales n’est pas un levier de trésorerie : cela entraîne majorations et pénalités et dégrade la confiance des partenaires. En cas de difficulté, des plans de règlement existent ; ils se demandent en amont, avec votre expert-comptable, et non après l’échéance.
Construire un plan de trésorerie en six étapes
La méthode ci-dessous est celle que nous appliquons en mission. Elle commence par la fiabilisation des données, comme un audit, avant de construire quoi que ce soit.
Partir d’une trésorerie rapprochée
Rapprocher les soldes bancaires de la comptabilité à une date donnée, lister les comptes, les placements et les lignes de crédit. Le point de départ du plan doit être un solde vérifié, pas un solde estimé.
Recenser les flux certains
Inscrire d’abord ce qui est connu : paie, charges sociales, loyers, échéances d’emprunt, crédit-bail, abonnements, acomptes d’impôt, TVA. Ces flux représentent souvent la majorité des décaissements.
Projeter les encaissements clients
Partir de la balance âgée et du carnet de commandes, appliquer les délais de paiement réellement constatés par client, et isoler les créances douteuses. Ne jamais reprendre les échéances contractuelles sans les corriger du retard observé.
Projeter les décaissements variables
Achats, sous-traitance, frais de déplacement et dépenses de projet sont projetés à partir du budget et des commandes engagées, au rythme de paiement effectif des fournisseurs.
Fixer un seuil d’alerte et des scénarios
Définir le solde minimal acceptable, puis construire un scénario bas : retard d’un gros client, baisse d’activité, hausse d’un coût. Chaque scénario doit déboucher sur une liste d’actions possibles.
Comparer chaque semaine prévu et réalisé
Mettre à jour le plan chaque semaine, expliquer les écarts significatifs et corriger les hypothèses. C’est cette boucle qui rend la prévision fiable au bout de quelques semaines.
Votre prévision n’est pas mise à jour, ou personne n’y croit ? Une mission de mise en place construit la prévision à 13 semaines, le plan à 12 mois et le rituel hebdomadaire, puis les remet à vos équipes.
Parler d’une mise en placeExemple de plan de trésorerie à 13 semaines
L’exemple ci-dessous montre comment une prévision à 13 semaines révèle un point bas que ni le budget ni le compte de résultat ne laissaient voir.
Hypothèses fictives : une PME de services réalise 6 M€ de chiffre d’affaires hors taxes, soit environ 7,2 M€ TTC, et elle est rentable. Trésorerie d’ouverture : 95 000 €. Encaissements clients prévus sur 13 semaines : 1 776 000 €. Décaissements courants (paie, charges sociales, TVA, fournisseurs, loyers, emprunts, acompte d’impôt de décembre) : 1 581 000 €. Un investissement de 150 000 € est prévu en semaine 10.
Calcul : sur le trimestre, la trésorerie progresse de 95 000 € à 140 000 €. Mais en semaine 11, la TVA, l’acompte d’impôt et les fournisseurs tombent juste après l’investissement : le solde descend à 99 000 €, sous le seuil d’alerte fixé à 100 000 €.
Scénario bas : un client de 40 000 € paie avec quatre semaines de retard et les encaissements baissent de 10 % à partir de la semaine 9. Le point bas tombe alors à 19 800 €.
Financer l’investissement en crédit-bail ramène le point bas à 145 000 € en semaine 4. Par ailleurs, ramener le délai clients de 62 à 45 jours libérerait 7 200 000 / 365 × 17 = 335 342 € de trésorerie.
| Semaine (exemple pédagogique) | Encaissements | Décaissements | Solde central | Solde scénario bas |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 128 000 € | 55 000 € | 168 000 € | 168 000 € |
| 4 (paie) | 152 000 € | 199 000 € | 145 000 € | 145 000 € |
| 8 (paie) | 158 000 € | 208 000 € | 214 000 € | 174 000 € |
| 10 (investissement) | 131 000 € | 283 000 € | 132 000 € | 66 700 € |
| 11 (TVA, acompte d’impôt) | 139 000 € | 172 000 € | 99 000 € | 19 800 € |
| 13 (paie) | 118 000 € | 205 000 € | 140 000 € | 68 800 € |
| Total 13 semaines | 1 776 000 € | 1 731 000 € | 140 000 € | 68 800 € |
La leçon tient en une phrase : le trimestre est positif, mais une semaine ne l’est pas. Sans prévision hebdomadaire, le dirigeant aurait signé l’investissement au comptant et découvert la tension la semaine de la TVA. Avec elle, il choisit le crédit-bail ou décale l’achat de trois semaines.
Scénarios et stress tests de la trésorerie
Une prévision unique donne une fausse impression de certitude. Les scénarios obligent à se demander ce qui se passerait si les hypothèses principales se révélaient fausses, et à préparer les réponses à froid.
Scénario central, scénario bas et scénario de rupture
Le scénario central reprend les hypothèses les plus probables. Le scénario bas combine deux ou trois aléas plausibles. Le scénario de rupture teste un choc rare mais grave, comme la perte du premier client. Chacun débouche sur un point bas, une date et un plan d’action.
Les hypothèses à stresser
Retard d’un gros client
Lorsque les cinq premiers clients pèsent plus du tiers des encaissements, un seul retard suffit à créer une tension. Le scénario décale leurs règlements de quatre à huit semaines et mesure l’effet sur le point bas.
Baisse d’activité
Une baisse de 10 à 20 % des encaissements sur un trimestre, sans baisse immédiate des charges fixes, est le test le plus parlant pour un dirigeant. Il révèle la part de charges qui ne s’ajuste pas à court terme.
Hausse d’un coût ou d’un taux
Hausse d’une matière première, d’un loyer indexé, du coût d’un financement à taux variable : chaque hypothèse se chiffre et s’inscrit sur sa ligne, pour vérifier que la trésorerie reste au-dessus du seuil.
Piloter le BFR depuis le plan de trésorerie
La prévision montre les effets ; le BFR explique les causes. Le besoin en fonds de roulement est l’argent immobilisé dans le cycle d’exploitation : créances clients et stocks, moins dettes fournisseurs. Chaque jour de délai gagné sur ce cycle libère de la trésorerie, sans emprunt.
Délai clients (DSO)
Le DSO (days sales outstanding) se calcule ainsi : DSO = créances clients TTC ÷ chiffre d’affaires TTC × 365. Il se réduit par une facturation rapide, des relances structurées, des acomptes et des conditions de paiement respectées. Entre professionnels, le délai négocié ne peut dépasser 60 jours après émission de la facture ou 45 jours fin de mois, selon Bpifrance Création.
Facturer tard, c’est se faire payer tard. Le délai d’émission de la facture est lui-même encadré, comme le rappelle Bercy Infos Entreprises. Une facture émise dix jours après la livraison ajoute dix jours au BFR.
Délai fournisseurs (DPO)
Le DPO (days payables outstanding) se calcule de façon symétrique sur les achats. Payer dans les délais légaux, sans les dépasser, préserve la relation et évite les pénalités. Le rapport de l’Observatoire des délais de paiement montre que les retards des grandes entreprises pèsent d’abord sur la trésorerie des PME.
Stocks
Le délai de rotation des stocks se calcule ainsi : stock moyen ÷ coût des ventes × 365. Un stock dormant est de la trésorerie immobilisée. La revue des références lentes et des minimums de commande fournisseurs est souvent le levier le plus rapide dans le négoce et l’industrie.
Vous voulez savoir combien de trésorerie dort dans votre BFR ? Le diagnostic financier à prix fixe mesure vos délais clients, fournisseurs et stocks, et livre un premier tableau de bord sur vos données.
Découvrir le diagnostic financierTableau de bord de trésorerie : indicateurs et alertes
Le plan de trésorerie devient un outil de pilotage lorsqu’il alimente un tableau de bord court, lu chaque semaine. Voici le tableau de bord type que nous installons en mission ; chaque indicateur a une formule, une source et un seuil qui déclenche une décision. Il s’intègre au tableau de bord financier mensuel de la direction.
Les indicateurs de la revue hebdomadaire
| Indicateur | Formule | Source de la donnée | Rythme | Seuil d’alerte (à adapter) |
|---|---|---|---|---|
| Point bas à 13 semaines | Minimum des soldes prévus | Plan de trésorerie | Hebdomadaire | Sous le seuil validé par la direction |
| Écart prévu / réalisé | (Solde réel − solde prévu) ÷ solde prévu | Banque, plan | Hebdomadaire | Plus de 10 % deux semaines de suite |
| DSO | Créances TTC ÷ CA TTC × 365 | Balance âgée, chiffre d’affaires | Mensuel | Hausse de plus de 5 jours |
| Créances échues | Somme des créances après échéance | Balance âgée | Hebdomadaire | Plus de 15 % de l’encours |
| Couverture des charges fixes | Trésorerie nette ÷ décaissements fixes mensuels | Banque, budget | Hebdomadaire | Moins d’un mois |
| Lignes disponibles | Autorisations − tirages | Banques | Hebdomadaire | Moins de 50 % disponibles |
Un indicateur sans seuil n’est qu’une information. Le seuil dit quand agir et qui agit : la relance d’un client par le commercial, le report d’un achat par la direction, l’appel au banquier par le dirigeant.
Rythme et gouvernance de la prévision de trésorerie
Une prévision de trésorerie vit par son rituel. Sans rendez-vous fixe, elle se dégrade en quelques semaines et redevient un exercice de crise.
Le rituel hebdomadaire
Trente minutes, le même jour chaque semaine : mise à jour du réalisé, lecture du point bas, revue des écarts significatifs, liste des créances à relancer, ordre de priorité des paiements. Le compte rendu tient en cinq lignes et s’adresse au dirigeant.
Le comité mensuel
Après la clôture mensuelle, le plan à 12 mois est révisé avec le budget et le forecast, dans le cadre du contrôle de gestion. C’est le moment de décider des financements, des investissements et des actions sur le BFR. Pour les sociétés soumises à l’article L232-2 du Code de commerce, ce travail nourrit aussi les documents prévisionnels obligatoires.
Plan de trésorerie, banques et financement
La prévision sert à demander un financement au bon moment, c’est-à-dire avant d’en avoir besoin. Un banquier finance une trajectoire expliquée ; il finance rarement une urgence.
Lignes court terme, affacturage et escompte
Facilité de caisse, découvert autorisé, crédit de campagne, mobilisation de créances, affacturage : chaque solution a un coût, des garanties et une durée. Le plan à 12 mois indique le montant et la période du besoin, ce qui permet de choisir la solution adaptée plutôt que la plus rapide.
Médiation du crédit
En cas de refus de financement ou de réduction de lignes, la médiation du crédit est gratuite et confidentielle. Le médiateur contacte l’entreprise sous 48 heures après le dépôt d’un dossier complet, puis les établissements disposent de cinq jours ouvrés pour revoir leur position. La Banque de France invite à la saisir comme un acte de gestion, sans attendre l’impasse.
Quand la prévision annonce une tension de trésorerie
Une prévision qui annonce un point bas négatif n’est pas un échec : c’est exactement ce pour quoi il existe. La qualité de la réponse dépend du délai entre la détection et l’échéance.
Les leviers internes
- Relancer les créances échues, client par client, en commençant par les plus importantes.
- Demander des acomptes sur les nouvelles commandes.
- Décaler les investissements non urgents ou les financer en crédit-bail.
- Réduire les stocks dormants et ajuster les commandes fournisseurs.
- Prévenir la banque avec un plan chiffré, avant l’incident.
Les procédures de prévention
Lorsque les leviers internes ne suffisent pas, des procédures de prévention amiable existent, comme le mandat ad hoc et la conciliation. Elles relèvent du droit des entreprises en difficulté : leur choix se fait avec un avocat et votre expert-comptable. Le rôle du DAF est de fournir une prévision fiable, condition de toute négociation.
La plupart des plans de trésorerie que nous voyons échouent pour une raison simple : ils partent d’un solde bancaire non rapproché et d’échéances clients contractuelles. En audit, nous avons vu des prévisions soignées se tromper de plusieurs semaines parce qu’elles supposaient que les clients payaient à l’heure.
Notre position est tranchée : pas de plan à 12 mois tant que la prévision à 13 semaines n’a pas tenu un mois de comparaison au réalisé, et pas de logiciel tant que les données ne sont pas fiables. Une prévision modeste qui se vérifie chaque semaine vaut mieux qu’un modèle sophistiqué que personne ne met à jour.
La rédaction Extech Finance
Outils de prévision de trésorerie : tableur, logiciel, BI
L’outil vient après la méthode. Le bon choix dépend du nombre d’entités, de banques, d’utilisateurs et des logiciels déjà en place. Aucun outil n’est adapté à tous les contextes, et un outil mal alimenté donne des chiffres faux plus vite.
Tableur
Excel ou Google Sheets suffisent pour une entité et deux ou trois banques. Avantages : souplesse, coût nul, appropriation rapide. Limites : ressaisies, erreurs de formules, versions multiples. Un modèle bien conçu sépare les données importées, les hypothèses et la restitution.
Logiciel de prévision de trésorerie
Les logiciels connectés aux banques catégorisent automatiquement les flux et facilitent le suivi du réalisé. Ils deviennent pertinents avec plusieurs entités, plusieurs banques ou des volumes importants. Le choix dépend de votre logiciel comptable, par exemple Pennylane, Sage ou Cegid, et de votre budget.
BI et ERP
Dans les groupes, un ERP comme Odoo ou un outil de BI (business intelligence) comme Power BI ou Looker Studio consolide les données de plusieurs sociétés. Ces outils exigent un modèle de données propre et une gouvernance claire ; ils se justifient rarement avant que le rituel ne soit installé.
L’offre Extech : mise en place et suivi de la trésorerie
Extech Finance intervient comme DAF externalisé : nous construisons la prévision, organisons la collecte des données, animons la revue et formons vos équipes. La tenue et la présentation des comptes restent du ressort de votre service comptable ou de votre expert-comptable, profession réglementée par l’ordonnance du 19 septembre 1945 et représentée par l’Ordre des experts-comptables.
Diagnostic et prévision 12 mois
2 900 € HT, TPE jusqu’à 3 M€
- 4 500 € HT pour une PME de 3 à 50 M€, jusqu’à trois entités
- Option prévision de trésorerie 12 mois : 900 € HT
- Premier tableau de bord sur vos données
Mise en place
900 € HT par jour
- Forfait ferme après cadrage
- Prévision à 13 semaines, plan à 12 mois, scénarios
- Passation documentée à vos équipes
Suivi à temps partagé
1 700 € HT par mois, 2 jours
- 4 jours : 3 200 € HT ; 8 jours : 6 000 € HT
- Revue hebdomadaire de trésorerie
- Engagement initial de trois mois, puis mensuel
La moitié du prix du diagnostic est déduite si un DAF à temps partagé est souscrit dans les trois mois. Pour un rattrapage comptable préalable, le renfort comptable en task force intervient au sein de vos équipes, sous la direction de votre direction financière. Tous les prix sont publiés sur la page tarifs, et notre approche est décrite dans notre méthode.
Une tension de trésorerie se dessine dans les prochaines semaines ? Parlons-en : premier échange gratuit de 30 minutes et proposition écrite sous 48 heures ouvrées.
Parler à un DAFErreurs fréquentes dans un plan de trésorerie
- Partir d’un solde non rapproché. Un écart non expliqué entre banque et comptabilité fausse toutes les semaines suivantes. Le rapprochement bancaire est le premier contrôle de toute prévision.
- Utiliser les échéances contractuelles. Les clients paient au délai constaté, pas au délai écrit. Projeter les encaissements sans correction du retard observé surestime la trésorerie.
- Mélanger hors taxes et TTC. Les flux se prévoient TTC, la TVA nette sur sa propre ligne. Un plan en hors taxes oublie l’échéance de TVA et décale le point bas.
- Oublier les échéances ponctuelles. Acompte d’impôt de décembre, cotisation foncière, primes annuelles, échéance de crédit-bail : ce sont les lignes qui créent les surprises.
- Ne jamais comparer au réalisé. Sans revue hebdomadaire des écarts, la prévision ne s’améliore pas et la direction cesse d’y croire.
Un dernier point de vigilance concerne la sécurité des paiements : la fraude au faux ordre de virement cible précisément les équipes qui gèrent la trésorerie, comme le rappelle la CNIL. Un double contrôle sur tout changement de coordonnées bancaires fournisseur fait partie d’un dispositif de contrôle interne proportionné.
Questions fréquentes sur le plan de trésorerie
Qu’est-ce qu’un plan de trésorerie ?
C’est un tableau qui recense, période par période, les encaissements et les décaissements prévus d’une entreprise, à la date où ils toucheront réellement le compte bancaire. Il part d’un solde bancaire vérifié et calcule le solde de fin de chaque semaine ou de chaque mois.
Son objectif est simple : voir assez tôt les périodes où la trésorerie descendra sous le seuil acceptable, pour décider à temps. Il se distingue du budget et du compte de résultat, qui raisonnent en produits et en charges, hors calendrier de paiement.
Quelle différence entre plan de trésorerie et budget de trésorerie ?
Les deux expressions désignent souvent le même outil. Lorsqu’on les distingue, le budget de trésorerie est la traduction en flux de caisse du budget annuel, établie une fois par an, tandis que le plan de trésorerie est la prévision glissante, mise à jour chaque semaine ou chaque mois à partir des données réelles.
En pratique, une PME a besoin des deux : un cadre annuel pour fixer les besoins de financement, et une prévision vivante pour piloter les décisions au quotidien.
Faut-il un plan de trésorerie à 13 semaines ou à 12 mois ?
Les deux horizons répondent à des questions différentes. La prévision à 13 semaines, mise à jour chaque semaine, sert à piloter la paie, les fournisseurs, la TVA et les encaissements clients au jour près. Le plan à 12 mois, mensuel, sert à dimensionner les financements, anticiper la saisonnalité et préparer un rendez-vous bancaire.
Dans une PME en croissance ou en tension, nous recommandons de tenir les deux, le court terme alimentant le long terme à chaque mise à jour.
Les montants du plan de trésorerie sont-ils hors taxes ou TTC ?
Les montants sont exprimés toutes taxes comprises pour les opérations soumises à la TVA, car c’est le montant TTC qui est encaissé du client et payé au fournisseur. La TVA nette due à l’administration apparaît ensuite sur une ligne de décaissement distincte, au mois de son paiement.
C’est la règle rappelée par Bpifrance Création pour le plan de trésorerie prévisionnel. Les salaires figurent en net, et les cotisations sociales sur leur propre ligne, à leur date d’exigibilité.
Comment construire un plan de trésorerie sur Excel ?
Un tableur suffit pour démarrer : une colonne par semaine ou par mois, des lignes d’encaissements et de décaissements regroupées par nature, une ligne de solde d’ouverture et une ligne de solde de clôture. L’essentiel est la discipline : un onglet d’hypothèses daté, des données importées plutôt que ressaisies, une colonne réalisé à côté de chaque colonne prévue et un seuil d’alerte visible.
Au-delà de quelques entités ou de plusieurs banques, un logiciel connecté devient plus fiable.
À quelle fréquence mettre à jour un plan de trésorerie ?
La prévision à court terme se met à jour chaque semaine, idéalement le même jour, à partir des relevés bancaires, de la balance âgée clients et des factures fournisseurs à payer. Le plan à 12 mois se révise chaque mois, après la clôture mensuelle, et chaque fois qu’un événement change la trajectoire : perte d’un client, investissement, recrutement important, nouveau financement.
Une prévision non mise à jour pendant un mois perd l’essentiel de sa valeur.
Quels indicateurs suivre avec le plan de trésorerie ?
Cinq indicateurs suffisent pour un premier tableau de bord de trésorerie : le solde prévu au point bas des 13 prochaines semaines, l’écart entre prévu et réalisé, le délai moyen de paiement des clients (DSO), le montant des créances échues et le nombre de semaines de couverture des décaissements fixes.
Chacun doit avoir une formule écrite, une source de données identifiée et un seuil d’alerte qui déclenche une décision.
Le plan de trésorerie est-il obligatoire ?
Il n’existe pas d’obligation générale pour toutes les entreprises. En revanche, l’article L232-2 du Code de commerce impose aux sociétés commerciales qui dépassent certains seuils, fixés par décret à 300 salariés ou 18 millions d’euros de chiffre d’affaires, d’établir des documents prévisionnels, dont un plan de financement prévisionnel et une situation de l’actif réalisable et disponible.
Les banques, Bpifrance et la médiation du crédit demandent par ailleurs une prévision de trésorerie dans leurs dossiers.
Quel solde minimal de trésorerie conserver ?
Il n’existe pas de norme unique. Un repère pratique consiste à couvrir au minimum un mois de décaissements fixes, c’est-à-dire paie nette, charges sociales, loyers et échéances d’emprunt, auquel s’ajoute une marge liée à la volatilité des encaissements.
Une entreprise dépendant de quelques gros clients ou très saisonnière visera plus. Le seuil choisi doit être écrit, validé par la direction et suivi chaque semaine dans le tableau de bord.
Que faire si le plan de trésorerie devient négatif ?
Il faut d’abord vérifier la prévision, puis agir sur les leviers internes : relance des créances échues, demande d’acomptes, décalage d’investissements, négociation avec les fournisseurs dans le respect des délais légaux, cession d’actifs non stratégiques. Il faut ensuite prévenir la banque avant l’incident, pas après.
Si les difficultés persistent, la médiation du crédit de la Banque de France est gratuite, et les procédures de prévention se discutent avec un avocat et votre expert-comptable.
Quelle est la différence entre trésorerie et rentabilité ?
Une entreprise rentable peut manquer de trésorerie, et une entreprise déficitaire peut en avoir temporairement. La rentabilité mesure l’écart entre produits et charges sur une période ; la trésorerie mesure l’argent réellement disponible à une date.
Entre les deux s’intercalent les délais de paiement, les stocks, les investissements, les remboursements d’emprunt et le calendrier fiscal. C’est pour cela que la prévision de trésorerie complète le compte de résultat sans le remplacer.
Comment intégrer la TVA dans un plan de trésorerie ?
On saisit les ventes et les achats TTC, puis on ajoute une ligne de TVA nette à payer au mois de la déclaration. Au régime réel normal, la déclaration CA3 est en principe mensuelle : la TVA collectée sur les encaissements ou les factures d’un mois est reversée le mois suivant, après déduction de la TVA payée aux fournisseurs.
Un crédit de TVA remboursable s’inscrit en encaissement à la date probable de remboursement, avec prudence.
Un DAF externalisé peut-il tenir le plan de trésorerie ?
Oui, c’est l’une des missions les plus fréquentes d’un DAF externalisé. Il construit le modèle, fixe les hypothèses avec le dirigeant, organise la collecte des données et anime la revue hebdomadaire. La saisie comptable et l’établissement des comptes restent du ressort du service comptable et de l’expert-comptable.
Chez Extech Finance, la mise en place est facturée 900 € HT par jour, et le suivi peut être assuré dans le cadre d’un DAF à temps partagé dès 1 700 € HT par mois.
Combien coûte la mise en place d’un plan de trésorerie ?
Le coût dépend du nombre d’entités, de banques et de la qualité des données. Chez Extech Finance, une prévision de trésorerie sur 12 mois peut être ajoutée au diagnostic financier pour 900 € HT. Une mise en place complète, avec prévision à 13 semaines, scénarios, tableau de bord et passation aux équipes, est facturée 900 € HT par jour avec un forfait ferme après cadrage.
Le premier échange de 30 minutes est gratuit.
Fiabiliser votre prévision de trésorerie
Premier échange gratuit de 30 minutes, proposition écrite sous 48 heures ouvrées, forfait ferme après cadrage. Vous savez dès le départ ce qui sera livré, quand, et combien cela coûte. Le plan de trésorerie est construit sur vos données et vous reste.
Sources
- Bpifrance Création — le plan de trésorerie
- Bpifrance Création — les principaux délais de paiement
- Bpifrance Création — acompte d’impôt sur les sociétés
- Banque de France — en 2025, les délais fournisseurs ont diminué pour toutes les catégories d’entreprises
- Banque de France — rapport de l’Observatoire des délais de paiement 2025
- Banque de France — la médiation du crédit aux entreprises
- Banque de France — saisir la médiation du crédit, un acte de gestion encore trop méconnu
- BOFiP — BOI-IS-DECLA-20-10, acomptes d’impôt sur les sociétés
- impots.gouv — formulaire 3310-CA3 de déclaration de TVA
- impots.gouv — facturation électronique : à partir de quand mon entreprise doit-elle être prête ?
- Entreprendre.service-public — la facturation électronique est effective depuis le 1er septembre 2026
- Bercy Infos Entreprises — quel est le délai d’émission d’une facture ?
- Légifrance — article L232-2 du Code de commerce (documents prévisionnels)
- Légifrance — ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945, article 2
- Ordre des experts-comptables — être conseillé par un expert-comptable
- Haute autorité de l’audit — rapport annuel 2025
- Autorité des normes comptables — recueil des normes comptables françaises, janvier 2025
- Insee — définition de la petite et moyenne entreprise
- EUR-Lex — glossaire : petites et moyennes entreprises
- CNIL — le faux ordre de virement international ou « fraude au président »
Historique : 4 novembre 2026, création du guide.